Oui, il y a des jours où je peux dire que j’ai un peu de « chance ». Je ne vous dévoilerai pas tous mes secrets, mais disons que j’ai fait une merveilleuse rencontre à Saumur et cette dernière (ils étaient 5 hein, je n’ai pas découvert l’Homme de ma vie), m’a permise de participer à une dégustation à Chacé chez le fameux Nady Foucaut.

Je ne « trahirai » pas la volonté ni l’esprit du vigneron en publiant quantité de photos « volées » dans les caves du Domaine.

Je souhaite juste raconter brièvement ce moment et partager avec vous le « cérémonial » de cette matinée.

Ce sont des moments hors du temps, comme lorsque j’ai pu goûter les vins du Château Rayas aux côtés d’Emmanuel Reynaud et quelques autres chanceux comme moi!

Il faut descendre de nombreux escaliers pour se retrouver à plusieurs dizaines de mètres sous terre.

Comme à Rayas, les murs, recouverts de salpêtre, obscurcissent davantage l’atmosphère. L‘air frais et humide nous rappelle que nous sommes loin, bien loin du bitume.

Dans l’air, ce charmant parfum du vin qui vieillit avec patience dans les barriques. Quasiment que du bois neuf, les fûts sont changés tous les ans, voir tous les deux ans pour certaines cuvées. Le silence envahi les caves, Nady Foucaut arrive, nous pouvons commencer…

Nous commençons par les Rouges. Nous alternerons en croisant Les Poyeux, Bourg et le Clos en fonction des millésimes. 2012, 2011, 2010 et 2009, mais uniquement pour le Clos.

Si je devais présenter à une personne qui n’a jamais goûté les vins de la Famille Foucaut, une image ou une « idée » des cuvées, je dirais que les Poyeux c’est plus la Bourgogne et Bourg, le Bordelais.

Plus c’est jeune, moins on retrouve le côté identitaire, « poivron, végétal » du cabernet franc. En vieillissant, les tanins sont souples, soyeux et le côté cabernet ressort davantage selon moi.

 

Bourg 2012 présente plus d’épice, un côté poivre de sechouan très intéressant.

J’avoue préférer les Blancs dans la Loire, je ne suis pas une adepte du cabernet franc qui pour moi est un cépage assez difficile à aborder.

Une acidité assez marquée sur la jeunesse, parfois très tannique (pour moi), asséchant, il reste en bouche ce côté végétal que je n’apprécie pas particulièrement.

Mais au Clos Rougeard..

L’équilibre est trouvé, parfait, entre alcool, acidité, tanins…

Dans Bourg on ressent davantage le côté boisé dû aux fûts neufs.

J’ai eu un faible pour Les Poyeux 2012, c’est suave, gourmand, ce côté cerise et sous-bois d’un Bourgogne associé à la fraîcheur du Cabernet-franc.. C’est très beau!

Enfin, nous avons terminé par le Blanc du Domaine, Brézé. 2014, 2012 et 2009.

Quelle beauté! A l’aveugle, je serai certainement bien en peine de trouver l’origine du vin.

2014 est rond et légèrement gras…. étonnant sur la jeunesse d’un chenin mais absolument incroyable. Un côté beurré, toasté avec du fruit, du raisin sec, une belle minéralité aussi et une longueur en bouche puissante.

2012 a un joli nez fruité, lui aussi un côté fumé intéressant. En bouche, on ressent quelque peu le côté boisé, vanillé mais légèrement, on finit sur des notes de miel et de fruits secs également.

2009, avec son nez pétrolé est déroutant! Mais à l’aération c’est très fin, on retrouve la trame aromatique des millésimes suivants, intense!

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de succomber au Clos Rougeard. Une expérience à ne pas manquer avant que les bouteilles ne s’arrachent à prix d’or (ce qui est déjà un peu le cas).

Déçue que le Domaine soit racheté (à priori) par un grand groupe financier… espérons que les « affaires » ne perturberont pas trop la qualité des vins et surtout ne feront pas exploser davantage le prix des bouteilles, ce qui risque fort d’être compromis. À cause de ce potentiel rachat, le foncier a déjà été multiplié par dix, au déséspoir des vignerons voisins.

Merci en tous cas encore mille fois à Franck et sa bande, ils se reconnaîtront. 😉

La « tradition » du visiteur chanceux, laisser une pièce sur les murs épais des caves du Clos. Le salpêtre y fait office de colle, le résultat est plutôt joli!