Bon trêve de plaisanterie, cette semaine et celles qui viennent, pour les pros et les amoureux du vin, c’est le rush absolu, le MARATHON des salons, la course à la dégustation !

Le Vin de mes Amis, les Affranchis, Roots 66, les vignerons de l’iréel, vinisud, Millésime Bio, La Dive, Grenier Saint-Jean, Les Pénitentes, Les vins de Loire, RUE89 Bordeaux, etc etc etc, les papilles en prennent un coup et les crachoirs sont bien remplis! On goûte de tout, on perd un peu la tête, pour nos amis cavistes, restaurateurs ou importateurs c’est aussi l’heure des choix …

Bref, pour ma part petit topo de ma venue à Verchant au Vin de mes Amis…

Il y a les têtes connues et puis les petits nouveaux

 

Ces trois là, on en parle souvent, ils étaient bien sûr de la partie! Troisième année pour Olivier Cohen, première fois pour les Frères Soulier du Gard qui venaient présenter leurs cuvées, Rouge, Blanc, Rosé et Cartagène. Toujours à suivre et à encourager, ces trois jeunes vignerons représentent fièrement et avec une belle philosophie la jeune relève des vins du Languedoc et du Gard.

 

Découverte pour moi, un autre duo sympathique, les Frères DANJOU-BANESSY installés dans le Roussillon.

Souriants et bons vivants, ces deux jeunes vignerons passionnés proposent des vins absolument sublimes!  Un vrai coup de coeur!

Benoit Danjou et son frère Sébastien ont repris les vignes du grand-père à Espira de l’Agly dans les Pyrénées Orientales. Voisin de Rivesaltes, le Domaine se consacrait d’ailleurs beaucoup à cette production avant que les Frères ne reprennent.

Travail naturel à la vigne et très peu interventionniste en cave, les vins, Blancs et Rouges sont d’un équilibre et d’une précision incroyable.

3 Cuvées en Blanc dont Coste 2015, Pur Maccabeu et la Truffière 2015, Pur Carignan Blanc, deux très très beaux canons! Une superbe minéralité, un côté presque salin sur Coste en fin de bouche. C’est fin, c’est droit, c’est vif… et ça donne soif!

Côté Rouge, 3 cuvées également Roboul 2015, Mourvèdre et Grenache, La Truffière 2015, Carignan et Grenache noir et Les Myrs, 2014, Pur Carignan… absolument sublime! C’est souple, c’est soyeux, c’est gourmand, c’est généreux… Un vin très très aboutit! Gros coup de coeur aussi!

Autre binôme, mais cette fois-çi ces deux là sont mariés: Bénédicte Ruppert et Emmanuel Leroy. Des vignerons champenois qui flirtent avec la Bourgogne. Leurs vignes, à Essoyes dans l’Aube ne sont qu’à quelques kilomètres de la Côte d’Or. Loin des grandes appellations de Champagne, ces deux vignerons, férus de biodynamie et de respect des sols, produisent des vins d’une très grande qualité et hors des clous: c’est tout ce que l’on aime.

Leur philosophie: Un vin, une année, une parcelle. Tout leurs vins sont non dosés, pas ou peu sulfités, des champagnes natures en somme on l’aura compris!

Coup de coeur pour la Cuvée les Cognaux. Pur Pinot Noir. Un nez très rond, beurré, brioché très gourmand et en bouche, wouahou! superbe tension, belle minéralité, côté presque salin et une très belle longueur! Un Vin hors normes, gourmand, équilibré et surtout différent de ce que l’on peut goûter en Champagne habituellement.

4 autres cuvées suivent: Martin-Fontaine, pur chardonnay; Fosse-Grely,Chardonnay et pinot noir. Très gourmand également et une belle tension en fin de bouche. Puis 11,12,13… une cuvée « perpétuelle » puisque chaque année le couple rajoute le vin de l’année au précédent en cuve etc… une « superposition » de plusieurs millésimes c’est très réussit!

Autre Cuvée: Papillon, pur pinot noir, une sélection massale aux arômes d’orange sanguine, très gourmand!

 

De Gauche à droite/de haut en bas: Domaine Léon Barral, un classique dans l’Hérault bien sûr mais toujours aussi bon. Le Blanc 2016, Terret-bourret, joli blanc avec une belle aromatique et beaucoup de fraîcheur ! Faugères, Jadis et Valinière 2014, les trois cuvées emblématiques au nez très gourmand et fruité.

Olivier Rivière, présentait ses vins en Rioja. De très très belles cuvées, gros coup de coeur pour le Blanc Jequitiba 2015, maccabeu et grenache. Un très joli blanc, arôme de pomme granny, poire, c’est frais et glouglou à souhait! Toutes les autres cuvées en rouge sont également très réussit. De manière générale, un nez très fruité, très gourmand et des tanins souples, c’est très croquant, plus sur le fruit que le bois, comme souvent en Rioja, et ça fait plaisir!

Antoine-Marie Arena proposait également ses blancs et rouges de Patrimonio. Toujours un coup de coeur pour Bianchi (muscat, biancho gentile et vermentino), très gourmand, le nez du Muscat et une bouche fraîche et vive. Grotte di Sole, rouge, Niellucio, du fruit, du croquant et du caractère.

Et enfin, le souriant et sympathique Etienne Fort, dit « Monsieur S » à Limoux. Blanquette et Crémant toujours autant réussit! C’est frais, gourmand, vif. Très très gloulou, à toute heure du jour (ou de la nuit).

 

Et pour finir, une bien belle équipe et des coups de coeur encore… Bertrand et Hélène Gautherot accompagnés depuis plus de 9 mois par Benoit Doussot, futur gendre de la famille.

Vouette & Sorbée, sans aucune prétention, n’est pas un Champagne « classique » et ses différentes cuvées nous le prouvent bien. Tout comme leurs confrères à Essoyes, le couple Ruppert-Leroy, les Gautherot flirtent avec la Bourgogne dont ils sont voisins. Loin des Blancs de Blancs de la Montagne de Reims, les vins de la Côte des Bar où se situe Vouette & Sorbée offrent des arômes plus gourmands, des vins plus complexes, à contre-courant des grands classiques.

Un vin qui vous touche, c’est comme un coup de coeur sentimental. On aime la personne, son histoire, ses origines, sa différence… En dégustant Fidèle, c’est un peu l’impression que j’ai eu.

Avant tout j’écoute le discours de Bertrand Gautherot. Le terroir, ce sol kimmeridgien, propre à Chablis, qui donne des vins  fins, purs, avec une vraie typicité. Ce sol cher au vigneron car c’est là que commence l’histoire des vins du Domaine. C’est là que tout est différent. C’est là que naît la complexité de Fidèle notamment. Pur pinot noir, c’est un vin très fin, une belle rondeur puis cette fin extrêmement minérale, c’est aussi complexe qu’un Santenay ou un Saint-Aubin de sa Bourgogne voisine.

Blanc d’Argile 2013, c’est le classique. Celui qui mettra tout le monde d’accord (ou presque). Le compromis pour ne pas non plus perdre les dégustateurs. Pur Chardonnay, c’est tendu, vif et extrêmement « facile  » à boire.

Texture 2014, pur pinot blanc élevé en fût puis en amphore enterrée. Là aussi on est dérouté, mais charmé. C’est un grand vin, difficile à dompter mais qui offre une complexité incroyable. Un nez de rhubarbe et un côté iodé en bouche qui revient. Bluffant.

Et enfin Clandestin, le vin de Benoit Doussot. Un peu « primeur » car récemment dégorgé, sera prêt dans quelques mois. Une cuvée  parcellaire nommé « Les Semblables » qui réunit les raisins de parcellaires de plusieurs producteurs de la région avec le même terroir, la même exposition… Des raisins « semblables » donc pour un vin qui promet beaucoup de finesse.

Un grand schlem réussit pour ces passionnés. Pas besoin de sortir le tapis rouge et les grandes phrases pour parler de leurs vins, la simplicité suffit. C’est bon, c’est bien fait, ça donne soif et surtout ça parle de nous, d’eux. Leurs terres, leur passion, leur travail, leur savoir incroyable, pour notre plaisir…