JULIEN BRECHET DOMAINE DES BOSQUETS

Est-ce que ce sont ses années de pilote de rallye qui lui ont inculqué tant de précision et de rigueur? Toujours est-il que Julien Bréchet, Domaine des Bosquets à Gigondas, est un véritable forçat du travail et surtout un grand perfectionniste.

RENCONTRE  . . . 

A 35 ans, cet enfant du pays est revenu depuis peu aux vignes familiales. C’est en 2010 qu’il vinifie son premier millésime à Gigondas.

Une reconversion et un déclic au Château de Pibarnon à Bandol ont eu raison de lui, c’est dans le vin qu’il s’épanouit et veut laisser parler son amour du terroir et du travail bien fait. (J’ai dit qu’il était perfectionniste?? Ah oui je l’ai déjà dit, autant pour moi).

Nous voici donc au Domaine des Bosquets, charmante bâtisse entourée de 26 hectares de vignes. Ici, les premiers ceps ont été planté en 1376, ce sont les premières vignes répertoriées par acte notarié. Un Domaine … historique!

Les 26 hectares sont répartis sur un plateau et une colline qui culmine à 350 mètres d’altitude où vivent de jolis ceps quasi centenaires de Grenache comme celui-ci…

Ça se voit sur la photo qu’il est content d’être là… ça fait quelques décennies qu’il travaille plutôt bien, très bien même! (je vous raconterai) c’est merveilleux! 

( Cuvée Parcellaire La Colline, pur Grenache,1 hectare).  

De là haut, on peut donc admirer l’autre partie du domaine, le plateau, avec de la syrah en grande majorité, mais aussi du mourvèdre et du cinsault. 

 Ici les vendanges sont manuelles, les rangées enherbées.

On ramasse le plus tard  possible pour un maximum de complexité.

En 2015, Julien Bréchet a  vendangé le 25 septembre, des raisins « parfaits et gorgés de fruit » selon lui.  Ici il aime qu’on parle de « terroir » et les sols ont un rôle décisif, marneux et calcaire sur la colline et sablonneux sur une partie du plateau. 

MAIS ÇA DONNE QUOI DANS LE VERRE MA BONNE  DAME   ?? ?

Gigondas est une appellation qui est bien connue pour ses vins puissants, charpentés, tanniques et souvent généreux en alcool. Les parisiens disent parfois que c’est « costaud » pour eux 🙂

Pourtant, dans les vins vinifiés par Julien Bréchet, ce que l’on retrouve en premier, c’est beaucoup de finesse. 

La Cuvée classique du Domaine des Bosquets avec un assemblage des 4 cépages (grenache, syrah, mouvèdre, cinsault) répond bien au cahier des charges de Gigondas au propre comme au figuré. 

Le Millésime 2013 en est un très bel exemple. Bien qu’éprouvant pour cause de coulure (peu de raisins sur les grappes à cause du froid et de la pluie), la cuvée est sublime.

Un nez bien fruité, cerise mais aussi de la violette apportée par la syrah et des épices. Les tannins sont bien présents mais souples et en bouche cette fraîcheur et une belle acidité… apportée par le terroir et certainement le climat propre à Gigondas et aux dentelles de Montmirail.

La finesse toujours et l’élégance… avec les cuvées parcellaires.

La Colline, pur grenache à 350 mètres d’altitude. Le vin « le plus représentant de Gigondas » selon Julien.  Au nez, des fruits rouge compotés mais aussi des épices. En bouche, c’est ample, une belle structure tannique, c’est puissant et élégant…. vinifié dans 4 fûts qui ont au moins un an. 

Très très gloulou et une  merveille pour sublimer un bon repas.

Alors lui! c’est l’OVNI ! Deuxième et dernier parcellaire (pour le moment) du Domaine. 

Le Lieu-dit, pur grenache, 1 hectare, sur le plateau, mi-pente, sablonneux. 

 

En dégustation à l’aveugle, très très difficile de ne pas se tromper avec un pinot noir de Bourgogne.

Très limpide, brillant. Nez fraise, Mara des bois même. En bouche c’est aérien , souple, élégant et toute en FINESSE. On croirait vraiment un Bourgogne.

Je pense que dans ce vin, on comprend tout le travail de Julien Bréchet sur ce qu’il appelle « l’affinage » plutôt que l’élevage du vin. C’est pour lui, le vin le « plus abouti ». 

Filtration minimaliste, pas de collage, superbe potentiel de garde.

L’équilibre est parfait. 

Peu d’intervention sur le vin, un terroir sablonneux qui donne l’acidité et la fraîcheur dont ce vin a besoin. C’est beau!

Mais je n’ai pas dit qu’il est bon parce qu’il ressemble à un Bourgogne, FAUX!

C’est vraiment le travail de vinification puis d’élevage et la ténacité du vigneron qui sublime ce Gigondas en un OVNI presque inclassable. 

Et on retrouve ce travail de précision dans le rosé et surtout le blanc que propose aussi le Domaine des Bosquets.

Assemblage de Grenache blanc et de Roussanne, ce blanc méridional a tout d’un grand. Fruit jaune, belle acidité, côté « beurré », léger gras. Produit à 1500 bouteilles donc on le retrouve surtout sur les bonnes tables de la région. (Mais aussi au Domaine dans ce joli caveau). 

Bref, vous l’aurez compris, Julien Bréchet se donne du mal pour produire ses vins. Pas besoin de l’encenser, les Parker et Hachette lui donnent déjà de jolies notes.

( Mais La Divigne aime beaucoup aussi… ça vaut ce que ça vaut ). 

 

Si vous passez par Gigondas, pas besoin de vous redire d’aller jeter un oeil au Domaine des Bosquets.

Et Julien n’est pas le seul dans la Famille à bien travailler. 

A Châteauneuf-du-Pape, le Château  de Vaudieu est un des plus prestigieux domaines de l’appellation. Vous retrouverez également à Séguret près de Gignondas ou à Lirac les vins de la famille Bréchet.

TOUT EST LÀ: 

http://www.famillebrechet.fr/vins-fins-du-rhone-vignerons-a-chateauneuf-du-pape