Ce n’est pas nouveau, le vin naturel fait des émules, intrigue et compte aujourd’hui afficionados et convertis en nombre. Ce week-end, ils étaient près de 2000 à s’être retrouvés à Lyon dans le monumental Palais de la Bourse.

60 exposants venus des quatre coins de la France ont fait déguster leurs dernières cuvées et déjà quelques 2016 mises en bouteille.

Parmi eux, jeunes convertis et militants nature de la première heure, domaines historiques et jeunes vignerons fraîchement arrivés dans les vignes, tous les profils étaient réunis.

Ce face à face entre ancienne et nouvelle génération est le plus marquant.

Prenons par exemple Dominique Derain, vigneron bourguignon à Saint-Aubin depuis près de 30 ans. Il est venu à la biodynamie progressivement aux côtés de Maria Thun, pionnière dans ce domaine, décédée en 2012.

A la vigne avant tout c’est le travail du vigneron qui prime, préparats de plantes, bouse de vache, silice, trente ans qu’il expérimente et ses vins sont d’une finesse incroyable.

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« C’est quand même grâce aux cavistes parisiens et aux bobos qu’on a vendu nos vins il y a 20 ans » explique Dominique sur les débuts difficiles voire chaotiques du vin naturel ou sans soufre. « J’ai eu des brets, des vins oxydés mais j’ai vite travaillé, affiné pour évoluer ».

Aujourd’hui ses vins sont recherchés et appréciés par les amateurs de nature ou pas, Dominique Derain met tout le monde d’accord.

Son blanc 2016 « Allez Goûtons » en est le reflet. Une cuvée très aromatique sur la poire, l’anis étoilé et une fraîcheur intense. Un vin apprécié par la jeune génération comme Valentin Morel, exposant lui aussi, sur le salon.

A 28 ans, il a quitté son Jura pour présenter ses vins et parler de son travail avec militantisme. Sur sa table deux cuvées de blanc et de rouge à goûter. Sa cuvée de Chardonnay « Les Trouillots » élevé en fût de 228 litres est un bel exemple de son travail. Un blanc qu’il met en fût et ne touche pas jusqu’à l’été suivant, non sulfité, non filtré, rien de rien et un vin d’un équilibre incroyable, droit, vif et légèrement vineux.sam_5268

Il travaille dans les vignes de son père depuis 2014 et conduit aujourd’hui le domaine en biodynamie et nature. Il respecte le travail et l’héritage des « anciens » comme Derain et va même plus loin.

Pour lui son vin est un « objet politique, ce n’est pas anodin, il y a une démarche militante à réaliser des vins de la sorte. Le gars qui fait un vin comme ça il réfléchit à ce qu’il fait«  et en effet Valentin Morel réfléchit beaucoup et ça fonctionne. Le vin naturel a un bel avenir devant lui.